Des outsiders se révèlent à Lisbonne dans la deuxième demi-finale- Jour 5
A une semaine du concours, l'effervescence est à son comble en salle de presse. On entend tout et son contraire sur les chances de tel ou tel pays. Une idée constante est que la France sera bien classée et beaucoup viennent déjà nous féliciter pour notre prochaine victoire en se réjouissant de passer leur quinzaine eurovisuelle 2019 à Paris.
En attendant les répétitions se poursuivent aujourd'hui avec les pays passant entre la septième et la dix-huitième place de la seconde demi-finale.
suivies des conférences de presse des même pays.
C'est la Russie qui ouvre le bal ce matin. Julia Samoylova est posée comme une bouse au milieu de la scène, juchée sur ce qui se veut être une montagne. Elle est vocalement soutenue (et même supplée) par trois choristes (dont les compositeurs israéliens de la chanson) et un couple de danseurs adolescents tente vainement de détourner l'attention du pathétique total de ce tableau. Julia ne chante pas juste et surtout n'a aucune idée de ce qu'elle interprète. La conférence de presse de la Russe qui a suivi n'a apporté aucune information majeure puisqu'après une présentation lénifiante de toute la délégation, chaque phrase était traduite en russe et toutes les questions se sont limités au politiquement très correct.
Les Moldaves qui lui succèdent sur scène présentent un tableau kitschissime à souhait mais cela fait un bien fou après la Russie. De nombreux applaudissements ponctuent chacune de leurs répétitions. Pour moi la chanson est plutôt dynamique et typique de ce que l'on attend de la Moldavie mais le tableau inspiré des comédies de boulevard est très répétitif et on se lasse vite des entrées et sorties des artistes. Le seul moment que j'apprécie est lorsque les Moldaves effectuent quelques pas de chorégraphie nationale.
Le Néerlandais Waylon apporte un air de rock-country US à Lisbonne. Entouré de trois guitaristes/bassistes et d'un batteur qui de façon surprenante se transforment en danseur à la mode Village People au bout de deux minutes, la moitié masculine du duo Common Linnets propose une prestation vocale de très haute tenue. On peut ne pas aimer ce style de chanson mais il est indéniable que Waylon est vocalement parfait.
La rayonnante Australienne Jessica Mauboy avait déçu les journalistes lors de sa première répétition. L'heure de la revanche a sonné aujourd'hui. Jessica nous a gratifié d'une prestation punchy de son hymne entraînant "We got love". Tout au plus, peut-on regretter le choix contestable de sa tenue, une robe aux reflets arc en ciel avec un mini short qui dévoile un peu trop à mon goût les jambes pulpeuses de Jessica. A sa conférence de presse, elle s'est une nouvelle fois montrée chaleureuse et adorable. J'ai pu lui poser une question et elle m'a remercié pour la pertinence de celle-ci.
Passer derrière la pétillante Australienne n'est pas une tâche aisée mais quand on se présente avec une chanson insignifiante en géorgien et qu'on a à 5 personnes réunies autant de charisme qu'un bigorneau cela devient impossible d'attirer l'attention. Le groupe Iriao pourrait chanter pendant 24 heures d'affilée qu'ils ne ferait pas lever un regard dans la salle de presse. Leur conférence a suscitée aussi peu de réactions mais l'interprétation acoustique bossa nova d'Amor pelos dois" dont ils nous gratifiée était exceptionnelle.
Aucune surprise dans la prestation des Polonais sinon qu'ils ont retrouvé leurs costumes de scène égarés lors de leur voyage jusqu'à Lisbonne. La prestation est un peu plus dynamique mais ne me convaint toujours pas tant la chanson est générique de ce que l'on entend tous les jours sur les ondes des radios.
Les Maltais avaient déjà une base de travail solide et ils ont remediés aux quelques effets visuels ratés de la première répétition. "Taboo" est une chanson qui délivre un message sur l'importance de prendre en compte les maladies mentales et de ne pas se voiler la face devant elles. Christabelle effectue une campagne promotionnelle très efficace en salle de presse, elle se montre accessible et ouverte avec tous ceux qui l'approchent.
Après une pause, pas le temps de faire de sieste car c'est le groupe Hongrois AWS qui éructe sa chanson "Vizlat Nyar". Ce n'est pas ma tasse de thé mais je pense que cela va rencontrer son public et on devrait les retrouver en finale. C'est une performance typiquement hard-rock avec un jeté de bassiste dans la fosse comme "highlight".
La prestation de la Lettone aux origines Brésliennes, Laura Rizzotto vient soulager nos tympans. Malheureusement ses nombreux mouvements de tête parasitent l'aspect glamour et classe de "Funny Girl". Dans un décor vermillon, la robe rouge de Laura ne ressort pas. On s'ennuie à écouter ce titre que pourtant j'apprécie beaucoup. En conférence de presse, Laura qui parle un peu français (son prochain titre s'appelera d'ailleurs "Bonjour") a repris quelques standards brésiliens.
On dit que pour les Suédois il est plus compliqué de gagner le Melodifestivalen que l'Eurovision, cela ne devrait pas être le cas cette année de Benjamin Ingrosso mais la performance efficace du beau scandinave devrait lui assurer une place très haute samedi prochain. "Dance you off" est une chanson très actuelle qui devrait se voir accorder les faveurs d'un public jeune attiré par le physique avenant de l'éphèbe suédois et ses mouvements chorégraphiques plutôt sensuels. En plus Benjamin est vraiment super accessible et affable malgré toutes les solLicitations qu'il reçoit.
La modernité est loin d'être ce que l'on retient du Monténégro tant la balade balkanique "Inje" semble avoir été composée en 2004 mais on ne lui reprochera pas d'être authentique et de présenter tous les ingrédients de ce que a fait le succès de ce pays en 2014 et 2015. Le tableau présenté manque néanmoins de souffle et risque de passer inaperçu sur la scène de Lisbonne. Au contraire de Vanja, toujours aussi drôle et spontané lors de sa conférence de presse.
Du souffle, la Slovène aux cheveux roses, Lea Sirk n'en manque pas pour interpréter "Hvala Ne" tout en effectuant une chorégraphie magnifiquement exécutée. Du dynamisme, de la pêche, de la modernité, la Slovénie que je voyais finir dans les bas fonds du classement pourrait bien obtenir une place autrement plus élévé qu'initialement espérée.
C'est l'Ukraine qui achève cette seconde demi avec "Under the ladder". Melovin grimé en Dracula, propose un tableau très travaillé de son titre. On se perd un peu sur l'écran à force de vouloir tout regarder mais c'est indéniablement solide tant vocalement que scéniquement. Par contre comme lors de sa conférence précédente, Melovin (sensé écrire des textes en anglais) ne s'exprime qu'en Ukrainien et fait preuve de beaucoup d'arrogance.
Voilà, il est temps de plier bagage pour aller se préparer pour la très attendue soirée israélienne.
Demain aura lieu la cérémonie d'inauguration qui sera précédée de la seconde répétition du big 5 et du Portugal. Nous aurons le plaisir de soutenir Emilie et Jean-Karl a.k.a Madame Monsieur qui quoi qu'il advienne samedi prochain rendent fiers tous les français présents à Lisbonne par leur professionnalisme, leur gentillesse et leur charisme qu'ils partagent avec tous les fans présents tant français qu'étrangers.
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